LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET

LES COMMUNAUTÉS MINORITAIRES FRANCOPHONES

 

 

 

 

 

 

 

Préparé par :

Jean-Guy Vienneau

(gracieuseté de la Fédération des communautés francophones

et acadienne du Canada)

 

 

 

 

 

Pour :
Le Programme de contestation judiciaire du Canada

294, avenue Portage, pièce 616

Winnipeg (Manitoba)

R3C 0B9

Téléphone : (204) 942-0022 Télécopieur : (204) 946-0669

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conférence linguistique 1999

 

L'avenir de la francophonie hors Québec s'inscrit naturellement dans la revitalisation économique des régions de souche, mais il faudra envisager un meilleur réseautage entre ces dernières et les foyers francophones minoritaires œuvrant en milieu urbain.

Maurice Beaudin

La francophonie pan canadienne en 1996

 

 

 

ÉTAT DE LA SITUATION

Le développement de l'économie des communautés francophones à l'extérieur du Québec a fait l'objet de plusieurs analyses et consultations au cours des dernières décennies. S’il était difficile, voire impossible de parler, il y a une trentaine d'années d'économie francophone, on pouvait cependant apprécier l'apport de certains francophones et d'Acadiens à l'économie de leur province ou région. À quelques exceptions près, comme le mouvement coopératif, les communautés possédaient peu d'institutions.

Quand on parle d'économie, il est important de distinguer trois caractéristiques qui contribuent à l'essor d'une région, d'une province ou d'un pays. Dans un premier temps, il s'agit du niveau d'emploi et la main d'œuvre active. Le nombre d'emplois dans les différents secteurs de l'économie ainsi que le taux de chômage sont des composantes importantes du développement économique. Le Comité national du développement des ressources humaines de la francophonie canadienne vient de publier une étude sur La francophonie pan canadienne en 1996. Il s'agit de la mise à jour de l'étude de 1994 sur l'état de la francophonie hors Québec de 1994. Les résultats de cette nouvelle étude démontrent qu'en matière de chômage.

Les régions de souche sont naturellement beaucoup plus exposées au chômage en raison de la forte saisonnalité de leur base économique et également à cause de leur faible diversification en matière d'emploi. Dans la plupart des régions, les anglophones ne présentent toutefois pas un meilleur bilan à l'égard du chômage. Le taux moyen de chômage des francophones hors Québec s'établissait à 11 % en 1996, soit près de deux points de pourcentage de plus que chez les anglophones (9,3 %). En fait, la situation est demeurée à peu près la même qu'en 1991, alors que le taux de chômage se fixait à 10,9 % pour les francophones. Connaissant les problèmes chroniques que la plupart des régions ont connu au cours de la première moitié des années 1990, on aurait cru que le chômage aurait augmenté davantage. Le fait que le taux d'activité ait diminué a probablement empêché le chômage d'augmenter. La réforme de l'assurance-emploi a pu également jouer en faveur d'une réduction du nombre de bénéficiaires du chômage.

Dans un deuxième temps, il s'agit du revenu généré par ces emplois que l'on exprime généralement par le revenu moyen des gens. L'examen de la participation des francophones à l’extérieur Québec et leur niveau salarial ont démontré qu'il existait un écart assez significatif entre la population francophone et la population anglophone. Cette étude statistique nous apprenait que les écarts entre francophones et anglophones ne sont pas toujours au désavantage des francophones. Ainsi,

On retrouve une dizaine de regroupements francophones minoritaires (sur un total de 22) qui ont des revenus d’emploi qui excèdent la moyenne nationale ; en commençant par les plus nantis, il s’agit des francophones du Yukon, de la Péninsule ontarienne, de la région de Halifax, du Sud-Est de l’Ontario, de Calgary / Edmonton et de Vancouver / Victoria.

La situation en 1996 se distingue de la façon suivante:

Le revenu moyen tiré d'un emploi s'élève à 26 600 $ chez les francophones hors Québec en 1996. Il s'agit d'un seuil presque équivalent à celui observé chez les anglophones (27 200 $). C'est au Yukon/ T.-N.-O. où les revenus d'emploi sont les plus élevés : les francophones dans cette région touchent 37 200 $ en 1996, contre 32 500 $ pour les anglophones. La Péninsule ontarienne suit de près avec un revenu moyen gagné de 33 600 $ pour les francophones et 30 900 $ pour les anglophones. Les revenus du travail pour les francophones sont également élevés dans la région de Vancouver, à Terre-Neuve, dans le sud-est ontarien, ainsi que dans les centres urbains de Calgary / Edmonton, de Halifax et du sud du Nouveau-Brunswick. Les

francophones touchent un revenu moyen d'emploi supérieur à celui des anglophones dans 16 régions sur 22 : l'inverse est plutôt vrai dans la région Évangéline, dans les comtés mixtes et à majorité francophone du Nouveau-Brunswick, au Cap-Breton, dans le sud-est ontarien et dans la région de Vancouver.

Dans l'Atlantique, les travailleurs touchent généralement de plus faibles revenus, quel que soit le statut linguistique. Les gens de l'Atlantique participent moins au marché du travail, les emplois y sont de moindre qualité et la période annuelle de travail est passablement écourtée dans les régions à ressource. À part les régions urbaines de Halifax, Charlottetown, St. John's et celles du sud du Nouveau-Brunswick, le revenu moyen des francophones est nettement en dessous de la moyenne établie au niveau des francophones hors Québec : 64 % dans la région Évangéline; 70 % au Cap-Breton; 69 % dans les comtés à majorité francophone du Nouveau-Brunswick; 77 % dans les comtés mixtes du Nouveau-Brunswick (grâce à Moncton); et 79 % dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse.

Ainsi, les régions francophones présentant les revenus d’emplois les plus faibles sont généralement les régions de souches ou les régions rurales.

En ce qui concerne la participation, l’étude du CARHFC révélait que les francophones, où qu’ils résident, accèdent relativement bien au marché de l’emploi, du moins en comparaison avec leurs voisins anglophones. En 1996, la situation est la suivante

Les francophones hors Québec sont proportionnellement moins nombreux sur le marché du travail que les anglophones. En 1996, leur taux d'activité s'établit à 63,6 %, comparativement à 68,7 % pour les anglophones. Il s'agit néanmoins d'une moyenne générale. Celle-ci a par ailleurs baissé de 2,3 points de pourcentage depuis 1991, une conséquence de la récession économique au pays et de la rationalisation dans les industries dépendantes des ressources naturelles.

L'accès au marché du travail varie fortement selon la taille des communautés —l'urbanisation multiplie les opportunités d'emploi — mais également selon la structure démographique. Or, les 22 groupes et régions francophones à l'étude présentent un clivage marqué à cet égard. Les résidents des régions de souche localisées en périphérie et axées sur les ressources,

sont relativement moins présents sur le marché du travail. C'est le cas des francophones du Cap-Breton et du Sud-Ouest en Nouvelle-Écosse, du nord du Nouveau-Brunswick, de Terre-Neuve, ainsi que du nord de l'Ontario, où le taux de participation oscille entre 51 et 60 %.

Dans un troisième temps, il s'agit de la structure et de la diversification économique de la région à l'étude. En 1991, les francophones dépendaient davantage du secteur public que les anglophones. Les francophones issus des régions d souches, qui sont aussi dans bien des cas des régions à ressources, sont plus dépendant des industries productrices de biens.

Quant au tertiaire non public, il est beaucoup plus étoffé chez les anglophones dans pratiquement toutes les régions. Ceci est extrêmement important ; d’une part, parce que ce secteur renferme les activités de pointes et celles liées à la nouvelle économie ; d’autre part, parce que les secteurs publics et de la production de biens sont en phase de contraction de l’emploi. Or, la part de la main-d’œuvre francophone liée à la production de biens et au secteur public dépasse le cap des 60 % dans au moins 16 régions (sur 22), comparativement à deux régions seulement du côté anglophone. Quand on parle de l'économie en milieu minoritaire au pays, il n'y a aucun doute que l'accès aux programmes gouvernementaux est un facteur structurel important. Ces trois facteurs combinés font que l'économie jouit d'une stabilité, d'une croissance ou d'une baisse.

Lorsqu'il est question d'efficacité sur le plan économique régional, les industries dites " dynamiques " . se présentent comme un maillon stratégique. Or, les régions francophones de souche sont généralement déficientes à l’égard des services dynamiques. L'étude de 1999 apporte des précisions.

Dans l'ensemble, les régions francophones de souche occupent 20 % de leur main-d'œuvre dans les industries dynamiques. La proportion est de 25 % chez les anglophones.. Ce secteur est particulièrement imposant dans les provinces de l'Ouest : 26-27 % des emplois y gravitent dans les régions de Vancouver, Calgary / Edmonton et Winnipeg. Les services dynamiques occupent également une forte proportion de francophones (29 %) dans la Péninsule ontarienne, dans le sud-est ontarien (22 %) et dans la région de Halifax (22 %). En revanche, dans la région Évangéline, le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse et dans les comtés à majorité francophone du Nouveau-Brunswick, les services dynamiques ne retiennent qu'environ 13 % des emplois chez les effectifs de LMF.

Si, dans l’ensemble, la francophonie canadienne se compare avantageusement à la moyenne nationale en terme de taux d’activités et du niveau du revenu, certaines régions francophones, située dans un milieu rural et composé de francophones de " souches " sont aux prises avec des disparités importantes. À l'instar de l'étude du CARHFC, celle de 1999 fait ressortir la division non pas linguistique ou culturelle, mais plutôt rurale urbaine comme facteur explicatif des disparités socioéconomiques au pays. Les stratèges en matière de développement économique devront tenir compte du fait que la réalité économique des communautés francophones et acadiennes n’est pas homogène.

La venue d'institutions post secondaires en français est également un signe dans la bonne direction. Au N.-B., en Ontario, au Manitoba et en Nouvelle-Écosse, des collèges communautaires offrent des programmes en entrepreneuriat et en stratégies économiques. Dans la plupart des provinces et des territoires, on offre également des programmes en éducation des adultes et en emploi visant à doter la population francophone d'habiletés pour mieux les outiller dans ce monde en plein changement. Les sociétés éducatives jouent aussi un rôle de premier plan.

Les francophones et les Acadiens, Acadiennes ont profité de l'approche coopérative pour développer leur économie. Le mouvement coopératif est présent partout dans les communautés francophones et acadiennes du pays.

ENJEUX

Lorsqu'il est question d'économie des communautés francophones au pays, on traite généralement de cette question par province, territoire ou selon les trois grandes régions du pays. En effectuant un tour d'horizon rapide, on se rend compte que les enjeux d'une province ou d'une région à l'autre sont souvent différents. On sait qu'il existe un écart assez grand entre les régions rurales et urbaines en ce qui concerne les revenus, le taux de participation ainsi que la diversification de l’économie. Il s’agit sans contredit de l’enjeu principal auquel font face les communautés francophones et acadiennes. La stratégie économique à privilégier doit contenir des actions et des moyens précis pour surmonter le paradoxe rural / urbain qui caractérise nos communautés.

Un second enjeux qui est capital pour les régions de souches et rurales, est leur dépendance sur les ressources naturelles. On le constate facilement dans les régions côtières, par exemple, ou les bouleversements dans l’industrie de la pêche ont eu des impacts tels que plusieurs villages sont au prise avec un taux de chômage sans précédent. Dans ces régions, les communautés acadiennes et francophones sont durement touchées, car la pêche y est un secteur de l’économie important.

Dans les provinces atlantiques, on constate que la dépendance sur les ressources naturelles et un niveau d'éducation et de formation moindre a résulté dans un écart assez grand entre les francophones et les anglophones. Sauf pour quelques régions au N.-B. et en N.-E. où il y a des régions homogènes, il est souvent difficile de parler d'une économie francophone.

Le dynamisme de l’économie ontarienne affecte de façon positive certaines régions francophones de la province. Ainsi, plusieurs francophones travaillent dans les régions où l’économie se porte bien. Dans cette province, l’un des enjeux majeur est le clivage urbain / rural. Cet enjeu devient plus important quand on considère l’absence de politique claire et précises pour favoriser le développement l'économie dans le milieu rural.

 

Dans les provinces de l'Ouest et du Nord, on distingue là aussi les urbains des ruraux. Les francophones qui vivent en milieu urbain sont mieux positionnés en terme économique. Les Manitobains urbains sont fortement scolarisés et bénéficient des occasions dans le secteur public. Les ruraux font face à des problèmes découlant d’une trop forte dépendance du secteur primaire, d’une main-d’œuvre peu scolarisée et du manque de possibilités dans le secteur public.

Les francophones de la Saskatchewan sont en bonne partie ruraux. Une bonne part de leur main-d’œuvre trouve emploi dans le secteur public. Le taux de dépendance démographique est très élevé, comme dans les autres régions rurales de l’Ouest, et trahit une émigration intense des jeunes.

Les urbains francophones de l’Alberta sont favorisés par une forte scolarité, une forte participation au marché du travail et une forte intégration au secteur public. Les Albertains francophones ruraux s’intègrent facilement au marché du travail mais ils sont affaiblis économiquement par une dépendance démographique passablement élevée. Les francophones urbains de la C.-B. ont un très haut niveau de scolarité qui leur permet d’intégrer le secteur public.

Les ruraux francophones de la C.-B. occupent, quant à eux, des emplois dans le secteur des ressources naturelles, ont un niveau d’instruction relativement faible et sont affectés par le travail saisonnier. Un taux de dépendance démographique passablement élevée tend à faire augmenter le départ des jeunes.

Les francophones du Nord (Yukon, TNO) sont caractérisés par leur grande participation au marché du travail (secteur public), leur niveau de scolarité élevé et leur accès à des postes professionnels du secteur public. Les données de 1996 démontrent peu de changements.

Le financement

Les banques s'intéressent très peu à la TPE, la très petite entreprise. Elles sont peu enclines à financer le démarrage de nouvelles entreprises, un problème sérieux pour les jeunes qui veulent se lancer en affaires. Les jeunes ne sont pas les seuls touchés par l'absence de capital de risque. Les entreprises existantes qui veulent prendre de l'expansion et les entrepreneurs qui aspirent à créer une nouvelle entreprise sont souvent incapables de réaliser leur projet sans l'apport d'un capital de risque.

Le discours économique

L'un des enjeux majeurs dans le secteur économique consiste à positionner les Francophones et les Acadiens sur l'échiquier économique en établissant une vision claire et commune à tous les partenaires.

Il importe d'établir un discours économique partagé par toute la francophonie canadienne. Au-delà de la notion même du bilinguisme des communautés et de la valeur ajoutée du français, la Francophonie doit pouvoir articuler une vision étoffée de ce qu'elle entend favoriser comme orientation économique prioritaire au cours des prochaines années.

Cette philosophie d'action doit faire l'objet d'une compréhension commune de tous les partenaires, incluant ceux œuvrant au sein des corporations gouvernementales, tant au plan municipal, provincial que national.

L’entrepreneurship francophone

L'entrepreneurship francophone dans les provinces à l'extérieur du Québec est un phénomène récent. Les francophones sont, de façon générale, des entrepreneurs de première génération. Ils se sont formés sur le terrain, sans encadrement se fiant à leurs propres moyens et très peu aux conseils extérieurs. L'entrepreneur type se lance en affaires souvent parce qu'il veut contrôler

son "destin". Il veut être le seul maître à bord, le seul à contrôler sa compagnie. Cela peut devenir un problème dans la mesure ou l'entrepreneur, qui ne possède pas toutes les compétences de gestion, ne fait pas appel à de l'expertise extérieure.

La culture entrepreneuriale est aussi un phénomène assez récent chez les Acadiens et les Acadiennes et les Francophones de l’Atlantique. L’absence de réseau d’affaires dans la plupart des provinces nuit au développement de l’entrepreneurship. Sans structure d’appui, par exemple, les jeunes entrepreneurs en herbe peuvent difficilement trouver conseil pour les aider à démarrer leur entreprise.

En Ontario, on retrouve plusieurs régions qui ont développé une économie assez dynamique et qui leur est propre. L’Ontario est une région de ressources naturelles (agriculture et mines) et possède un secteur public comparable à la moyenne nationale. L’industrie du savoir se développe plus particulièrement dans les régions de Toronto et d’Ottawa et Toronto, la capitale est le centre financier du pays.

Quant aux provinces de l'Ouest et du Nord, sauf pour la région de Saint-Boniface au Manitoba, on ne peut parler de développement économique proprement francophone.

Le rayon d'action de l'entreprise francophone est, dans la très grande majorité des cas, le marché local. Ce facteur d'isolement représente un enjeu majeur dans la survie et la croissance de l’entreprise.

Les opportunitÉs

Le développement culturel des communautés francophones et acadiennes à fait un cheminement certain aux cours des dernières décennies. L'économie devient maintenant un secteur prioritaire afin non seulement de développer, mais aussi de conserver les acquis culturels. Dans ce contexte, la francophonie canadienne cherche de plus en plus à tirer profit des tendances économiques qui se dégagent tant sur le plan national qu'international.

Pour une culture entrepreneuriale

Certains facteurs nous permettent de croire à la croissance de l'économie dans nos communautés et à l’émergence d’une culture entrepreneuriale. La création du Comité national du développement des ressources humaines de la francophonie canadienne, dont la mission est de promouvoir le développement économique et des ressources humaines dans les communautés francophones et acadiennes du Canada, est un atout qui permettra un meilleur accès aux programmes et services gouvernementaux. Le CNDRHFC sensibilise les différents ministères à la réalité des communautés francophones et acadiennes. Il œuvre à faire en sorte que les programmes soient conçus de manière à répondre spécifiquement aux besoins des communautés.

L'émergence et la consolidation d'un réseau de développement économique et d'appui aux entrepreneurs dans les provinces est un autre de ces facteurs encourageants. À cet égard, le CNDRHFC s'est attaché à mettre en place, dans les provinces où il n'y en avait pas, des regroupements de développement économique et d'employabilité (RDÉE). Ces RDÉE ont comme principal mandat de définir une planification stratégique d’ensemble pour la région desservie et d'en assurer la mise en œuvre. Dans d'autres provinces, le CNDRHFC s'est associé avec des organismes à mission économique existants tels que : la Chambre économique de l'Ontario, le Conseil économique du N.-B. ou encore le Conseil de développement économique des municipalités bilingues du Manitoba.

Ces regroupements pourront contribuer à réseauter les entrepreneurs entre eux, à promouvoir la culture entrepreneuriale, à se pencher sur des questions de compétence, de formation et conseil et même à envisager des solutions novatrices à l'absence de capitale de risque.

Une stratégie concertée

Certains domaines d'intérêts économiques sont considérés par les politiques et autres experts comme étant porteurs d'avenir en terme de création d'emplois et de nouvelles entreprises. Ainsi, l'expertise des communautés francophones et acadiennes est mise à contribution dans les secteurs ou les tendances économiques sont jugées favorables. Parmi ces tendances, les secteurs de l'économie du savoir et du tourisme font l'objet de stratégies tant par le gouvernement fédéral que par l'entreprise privée. On sait que le tourisme culturel et patrimonial est en pleine croissance partout dans le monde. Ce secteur pourrait devenir la pierre angulaire d'une diversification économique au sein des communautés francophones et acadiennes en réunissant les conditions nécessaires à l’émergence d’entrepreneurs concurrentiels dans ces secteurs économiques.

Les possibilités qu'offrent les nouvelles technologies de l'information et des communications sont considérables, si l'on se fie au discours qui à lieu actuellement sur le sujet. À cet effet, le gouvernement canadien établit un lien direct entre sa politique économique et sa politique de l’économie du savoir. Autrement dit, l’augmentation de la productivité, qui est l’objectif de la politique économique, passe par le développement de l’économie du savoir. Dans ce domaine en pleine effervescence, les stratèges en développement économique devront se pencher sur la façon d'intégrer les nouvelles technologies dans les entreprises existantes. Ils devront également trouver des moyens concrets pour appuyer la création de nouvelles entreprises dans ce secteur. Les nouveaux débouchés potentiels pourraient faire de ces deux secteurs le moteur de l'économie de la francophonie canadienne.

Dans tous les cas, les stratégies proposées devront faire une place de choix à des solutions adaptées aux besoins particuliers des milieux ruraux.

L’adaptation de la main-d’œuvre

La consolidation des institutions de formation est également un facteur déterminant d'une culture entrepreneuriale au sein des communautés francophones et acadiennes. Il s'agit pour ces institutions de répondre efficacement aux besoins sans cesse changeants de la société et des exigences du marché du travail. Les établissements scolaires doivent également participer à cette culture entrepreneuriale. Ils doivent mettre en place, par exemple, des moyens de dépister les jeunes qui ont le goût et les capacités pour se lancer en affaires. Le développement et l'enseignement de programmes axés sur l'entrepreneuriat permettrait aux jeunes, qui ont le potentiel, d'acquérir les compétences nécessaires. Les organismes de formation et d'éducation,

les écoles, les collèges, les sociétés éducatives et les universités, sont sans doute le meilleur outil que possèdent nos communautés pour se développer et progresser. Il serait important de créer davantage de liens entre le secteur de l’éducation et de la formation, le milieu des affaires et les agences gouvernementales pour promouvoir une culture entrepreneuriale auprès de la jeunesse.

La présence de plus en plus grande des femmes propriétaires d'entreprises est un autre facteur positif que l'on remarque dans nos communautés. L'absence de données pour illustrer ce phénomène est un obstacle en soi. Cependant, la contribution des femmes entrepreneurs n'est pas étrangère à la recrudescence de la PME dans l'économie canadienne.

L'importance que les communautés et ses dirigeants accordent à l'économie dans leur vision globale est aussi un facteur déterminant pour ceux et celles qui œuvrent dans le développement économique. On réalise de plus en plus que l'épanouissement culturel est tributaire d'une économie forte et dynamique. La culture et l'économie sont donc intimement liées comme conditions de réussite d'un plan de développement global.

 

 

 

QUESTIONS STRATÉGIQUES

1. Comment assurer la pleine participation des francophones, Acadiens et Acadiennes à l'économie autant sur le plan local, provincial, territorial que national ?

    1. Quel devrait être le rôle des différents niveaux de gouvernements dans le développement économique des communautés francophones et acadiennes du pays ?

3. Quels sont les autres secteurs de l'économie qui devraient être développé en priorité par les francophones et acadiens du pays ?

4. Comment doit se faire l'intégration de l'économie dans le développement culturel et linguistique au sein des communautés francophones et acadiennes ?

    1. Comment assurer un développement articulé de l'économie des communautés francophones et acadiennes du pays ?

6. Quels moyens faut-il mettre en place pour que les entrepreneurs puissent accéder au capital de risque ?